Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 00:24
Est paru aux éditions Rivarticollection, aux Etats-Unis, « Partances », le premier recueil de poèmes du poète Coutechèves Lavoie Aupont. Un bouquet de vers de soixante pages, qui redit le départ et les grincements d'une ville, Port-au-Prince.
coutech-1.jpg
Il n y a pas d'écriture aussi fragile que celle qui met en déroute la force même de ce qui est écrit. Tellement de jeunes poètes qui formulent des tracs en forme de vers, pour vous dire leurs engagements, le répit de cette terre, l'amour, … Coïncidences. Ils ne sont pas toujours restés dans l'ombre. Quelque part, ici, cette tendance a fait objet de subventions, de voyages, et même de bribes vidéoclipées. Pis encore, applaudis. Mais, que vaut la poésie devant la déroute ?

C'est une question particulière, assez suffisante pour faire objet d'un ouvrage intense. Mais, attardons-nous ici à la poésie de Coutechèves Lavoie Aupont. Un texte assez potable, fruit d'un travail intéressant sur la langue, sans techniques jusque-là identifiées. L'auteur parle de cette ville tant décriée par les opérateurs du mot. C'est un bégaiement complice où la ville se défait dans ses vers.

C'est une ville de faussaires, de trompe-gueules qu'il nous présente. Ici, la vie perd ses raisons. Le simple souffle est celui du départ de l'autre. Or, l'autre est très souvent l'un des nôtres.

« … la vie est un angle bossu à hauteur de deuil
un sourire qui transpire à contredanse … »
coutech-copie-2.jpg

Par contre, c'est un Port-au-Prince insaisissable que le poète décrit. Ses plaies sont d'une telle profondeur que tout devient muet. Et dans ce silence insupportable, l'individu se perd et retrouve, parfois trop tard, la possibilité de se récupérer. C'est un discours qui revient toujours. Ceci n'a rien d'étonnant, mais Coutechèves le reconnait. La tentative est éphémère. Il ne se prend pas pour le seul porteur de ce secret.

« … jamais la nuit ne le dira
c'est comme un mot auquel on apprend à parler
de la mousse
à se cacher si vient la brise
à se taire au rythme des autres
jamais la nuit ne le dira
ta plaie est un secret …
tout le monde le sait »

Dans la poésie de Coutechèves Lavoie Aupont, il y a une sorte de musique que seule la bouche pourrait jouer. Mais, c'est une musique non chantée. Cette appartenance qu'il revendique toujours est mère de ce besoin d'exil si voisin de son envie de rester. Mais, pour lui, rester est le véritable départ, parce qu'il vit dans le départ des siens.

« les doigts entrebâillés
nous courons après les palpitations des autres
que peut-on avouer sur un paysage étranger
si son cœur est d'ici
ta saveur est dans la terre … »

Mais, dans tout ce cri, nous ressentons les stigmates de l'amour. Un amour complice du quotidien avili, du mal parfois étrange de la beauté et de l'innocence. C'est peut-être ici que réside la dimension esthétique de ce long poème. Etablir un amour pas tout à fait invincible, mais protégé par le désespoir, comme si il est le seul qui pourra témoigner de ces grincements quotidiens. Et toujours revient cette bouche, seul musicien de ce « nœud quotidien ».

« …il n'y aurait pas cette nuit
n'était ta bouche sur la musique
plus cette nuit
n'était ta bouche sur le clavier… »

Poète vodou-rap sans doute parce qu'il est venu ici, poète de son retard, il le reconnait, Coutechèves Lavoie Aupont s'est aussi retiré de la foule des traqueurs pour nous offrir une écriture sensible, porteuse du cri d'un natif rebelle du départ et de l'absence. C'est donc «Partances » pour aussi dire présences.

                                                                                                                                                Jean Emmanuel Jacquet
Par VODOU-RAP
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 21:08

CIMG0215Pour l'artiste vodou-rappeur, le tableau est avant tout un objet de décoration fait pour être mis en espace.


Et l'oeuvre ne trouve son sens qu'à l'intérieur de l'espace investi.


                                                                                                       Voltaire Jean

Par VODOU-RAP
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 23:09

Beaucoup pensent que la rigueur augmente le risque pour l'artiste de survivre. Tant il est voué à une époque où la commande passe pour être un lourd déviant et une large opportunité.


CIMG0218.JPGAvec l'idée d'un effort contre la monotonie et l'ivresse qui risque d'anéantir les différents langages et les thèmes récurrents propres à l'artiste vodou-rap, ce dernier se propose immédiatement une identité qui va au-delà de cette peur.


D'ailleurs, comment évoquer 30 ans (1980-2010) de bouillonnement politique et de crises sociales et humanitaires, sans un schéma de figuration - un effort de représentation qui prend en compte l'idéal artistique sans se soucier de la routine à laquelle l'oeuvre est souvent exposée.


Le vodou-rap rappelle encore cette soif ardente de renouvellement, une quête de l'artiste vers l'oeuvre authentique. Non seulement plastique, mais aussi musical, littéraire et même une oeuvre qui se cherche dans l'ébénisterie, l'architecture, "lançant ainsi le meuble dans le monde de l'inconnu, du non-conventionnel et de l'imaginaire".


CIMG0230.JPGLe vodou-rap tient donc compte, non seulement du contenu de l'oeuvre, mais aussi de la représentation de ce contenu, à travers bordures, reliefs, formes, couleurs et de l'occupation par l'oeuvre du cadre spatio-temporel. Que vaut l'oeuvre dans le temps et l'espace ?


Nous sommes peut-être encore à cette époque où "l'esthétisme mourrant est remplacé par la naïveté", mais faut-il d'autant plus vraie que cette naïveté retse post-moderne dans le jeu réel et contre l'excessivité.


                                                                             Jean Emmanuel Jacquet

Par VODOU-RAP
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /Juin /2010 02:09

Kévens Prévaris, du mouvement pictural « Loray », emmené par ses confrères Walner O. Régistre (Doc-Wor), Josenti Larochelle, James Pierre, rejoint le Vodou-rap, ce lundi 2 juin 2010.

loray.jpgAppréciant à son juste sens l’idéal du vodou-rap, Prévaris croit pouvoir prolonger l’idée, en y accédant et en la rendant accessible. Si, pour lui, Loray est une nouvelle forme d’expression basée sur la spontanéité, la récupération et l’autosatisfaction, le vodou-rap s’assoit sur la palpabilité.

 

   

 

Kévens Prévaris (premier à gauche)

 

En effet, le vodou-rap offre une œuvre non tout à fait saisissable par la photographie, mais essentiellement vouée aux contacts réels des yeux.  

Par VODOU-RAP
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 06:10

Karim n'est peut-être pas le premier artiste vodou-rappeur, mais il est le premier à s'intégrer dans la vague et s'approprier l'esthétique.

 

Ses travaux récents suivent en effet les rouages auxquels l'oeuvre doit être soumise. Ils s'articulent entre peinture et sculpture, entre peinture et récupération. Ce mixage offre au visiteur l'impression d'une nette synthèse où toutes les théories semblent trouver leurs expressions véritables.

 

karim

Karim Bléus, avec ses pièces de bois, arrive à établir la finesse et la rigueur vodou-rap, sans perdre sa liberté, sa responsabilité et sa capacité à réduire la vulnérabilité de l'oeuvre face au temps et aux instincts du visiteur.

 

Les objets récupérés qu'il dépose sur la planche occupent sans excessivité une place importante dans le jeu entre la surface sculptée, la peinture et les objets, eux-mêmes montés en relief.

 

Ses bordures font partie intégrante de l'oeuvre. Elles achèvent le travail et représentent le trait d'union entre révolte, sens mystique, conflits et musicalité. Chez lui, tout parait conflit, mais un conflit suggéré qui a pour but d'harmoniser les extrêmes.

 

Karim Bléus, avec qui sera lancée un peu partout dans le monde, la première exposition vodou-rap : "Vodou-rap 1", donne le ton. Les autres, ne tardez pas à le suivre.  

 

                                                                               Jean Emmanuel Jacquet

Par VODOU-RAP
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Recherche

Le Vodou-Rap

  • : Vodou-Rap
  • Vodou-Rap
  • : vodou-rap Culture
  • : Le Vodou-rap est une esthétique créée et lancée par Voltaire Jean, créateur de Haitianova et Jean Emmanuel Jacquet, critique d'art. Plus tard, ils ont été rejoints par des artistes plasticiens, musiciens, danseurs, critiques et professionnels de l'art, tels que Karim Bléus, Erol Josué, Jean Pierre Jacques Adler, Kévens Prévaris, Charitable Duckens, Mousson Roux, ...
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Pourquoi le Vodou-Rap ?

Derniers Commentaires

Pourquoi le Vodou-Rap ?

Profil

  • VODOU-RAP
  • Vodou-Rap
  • Homme
  • Haïti Port-au-Prince
  • critiques
  • Critiques, toujours à la recherche du nouveau. L'inconnu nous intéresse beaucoup

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus