Le Vodou-rap, dans son champs et son mode d’intervention ne diffère des autres esthétiques, ni dans l’instrumentalisation, ni dans la technique et dans le jeu, que dans l’élan singulier qu’impliquent ses références symboliques : le vodou et le rap, prises dans un contexte spatio-temporel : l’imaginaire révolte (non frustré) de l’artiste.
Comment entrer dans l’univers du vodou-rap ?
Le schéma à considérer dans ce nouveau souffle ne prend pas le contre-pied de l’automatisme absolu de l’artiste libéré, remis en cause puis retiré de sa propre liberté.
En effet, le talent de ce dernier, comme les incontrôlables péripéties de sa vie, lui donne carrément une autre énergie. L’œuvre trouve pleinement sa force, non dans le milieu qui lui est destiné, mais dans un support, complice de l’œuvre, que lui aurait décrit l’artiste lui-même.
Ainsi, le travail va trouver sa synthèse, dans son exposition aux différents et cruels angles d’appréciation du visiteur. Ainsi, que
l’artiste soit nomade au sens réduit du mot, ou ait un goût forcené pour l’errance, « un faiseur et montreur d’images », comme l’a fait remarquer Matta, qu’il soit d’un milieu
strictement bourgeois ou d’un univers de frustrations, il reste non sans peine livré à sa seule cause de création.
L’esprit vodou donc sacré (ici je parle de la relation spirituelle qui se développe entre individus d’un même champ d’activités : créer, mais surtout ne pas créer pour ne pas donner raison à l’instrument) se développe dans une dynamique révolte, une dynamique rap qui ne va se détacher des autres esthétiques que par l’individualisme artistique.
L’étiquette de surréalisme n’a pas tout résolu et ne peut pas tout résoudre. Il n’y aurait plus du post-moderne, de l’abstraction pris au sens d’une autre révolte commune. Ici, la vague vodou-rap s’articule sur la manière d’organiser. L’artiste devient organisateur de ses plans, de ses marketings (entend ici la rigueur qu’il se donne contre la vulnérabilité de l’œuvre).
Ce n’est pas que nous soyons hors de la notion d’automatisme absolu, mais l’artiste vodou-rappeur a une spécificité moins qu’indigéniste, révolue, poussée vers une quête essentielle d’absences.
Pour lui, les absences qui ont handicapé l’élan artistique passent en premier et ne peuvent qu’être son canal essentiel pour la réception de la matrice de l’œuvre. A entendre là, le sens de l’automatisme, selon ce même Matta - Roberto Sébastien Antonio Matta Echaurren dit Matta, peintre chilien, l’un des premiers peintres surréalistes, après Tanguy, à arriver à New York (1939), exclu du surréalisme (1948) accusé d’être à l’origine de la mort de Gorki - qui est « la méthode pour tirer l’ordre de chaque situation de désordre, et non création de désordre ».
Jean Emmanuel Jacquet
On se rappelle déjà
Derniers Commentaires